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Le site Web scolaire (Discas)

http://www.csrdn.qc.ca/discas/IntegrationTIC/siteWeb.html

 Présentation

Le présent guide pédagogique vise à outiller des enseignants du primaire qui désireraient se lancer, avec leur groupe d'élèves, dans l'élaboration d'un site Web scolaire, qu'il soit " de classe " (entendre un site Web appartenant en propre à un groupe d'élèves sous la responsabilité du même enseignant) ou " d'école " (qu'il s'agisse d'une section bien identifiée réservée à ce groupe d'élèves au sein d'un site plus vaste ou de contributions indifférenciées au site de l'école).

Compte tenu de la diversité des modalités de réalisation possibles d'un tel projet, ce guide ne prétend pas fournir une série de scénarios d'activités "clés en mains" comme le ferait un manuel scolaire. Il vise plutôt à clarifier une problématique de base, à présenter une liste de décisions qui devront être prises par l'enseignant et son groupe dans la réalisation du projet, à proposer des pistes d'activités et à présenter des ressources disponibles sur Internet en relation avec l'élaboration d'un site Web scolaire.

Ce projet est conçu à l'intention plus particulière des classes du deuxième cycle du primaire (3e et 4e années). Lorsqu'il sera pertinent de le faire, des suggestions d'enrichissement et d'approfondissement seront faites à l'intention des classes du 3e cycle (5e et 6e années).

L'élaboration d'un site Web scolaire est essentiellement un projet de communication et, à ce titre, concerne d'office le programme de français. Par contre, compte tenu du choix possible de certaines thématiques et du travail de recherche qui pourra être demandé aux élèves en cours de réalisation, le projet pourra intégrer des apprentissages provenant aussi de certains autres programmes disciplinaires.

Sommaire du projet

L'élaboration d'un site Web scolaire est un projet de communication riche en apprentissages potentiels et une source de motivation importante pour les élèves.

Ils y trouvent en effet :

  • un produit final qui rappelle ceux que l'on trouve dans la vraie vie, dont ils peuvent être fiers, auquel ils peuvent s'identifier et qui leur permet de diffuser leurs intérêts;

  • une chaîne intégrée de production qui permet des apprentissages relevant de la planification, de la recherche d'information, de la rédaction, du souci d'esthétique, ainsi que de la maîtrise d'outils technologiques;

  • une occasion de travail coopératif, permettant l'exercice de différents rôles au sein d'une équipe de production fonctionnelle comparable à celle de la vie réelle : répartition des tâches, coordination, prise de décisions collective, etc.

Du point de vue de l'enseignant, ce projet permet une grande souplesse dans la prise en compte du temps consacré, de l'ambition du produit final, de l'orientation du contenu et, de façon plus pratique, des ressources matérielles et techniques disponibles ainsi que du degré de familiarité de l'enseignant avec les technologies.

En effet, des paramètres tels que le nombre de pages-écrans, la fréquence de mise à jour, sa structure thématique et l'ambition de son toilettage graphique et technologique relèvent entièrement de l'enseignant et de son groupe et permettent de moduler facilement le temps et l'énergie requis par la réalisation d'un tel projet. Contrairement à des publications "matérielles", un site Web, une fois mis en place, n'entraîne aucune limitation matérielle ou financière : on peut avoir tout l'espace que l'on veut sans que cela ne coûte un sou de plus! De plus, la facilité de modification des documents électroniques donne au produit un caractère dynamique, constamment en évolution. Finalement, une souplesse accrue provient de l'instantanéité de la diffusion : la contrainte des dates de tombée, par exemple, est absente d'un tel projet.

Par contre, le caractère entièrement électronique de la publication, si elle présente des avantages certains en ce qui concerne la production, entraîne des contraintes particulières au médium lui-même : une bonne maîtrise des outils technologiques de la part de l'enseignant; une gestion rigoureuse des fichiers électroniques composant le site Web; un contrôle strict de l'accès au serveur, particulièrement pour des raisons de sécurité.

Les préalables pour l'enseignant

Une première contrainte découle du caractère public du produit final : ce qui sera finalement mise en ligne, toute la planète pourra le voir, et ce sera associé au nom de l'école. Il est donc essentiel que l'enseignant s'assure que son projet a bien l'appui de sa direction d'école. D'ailleurs, l'école a peut-être déjà son site officiel et il faudra voir si le site des élèves doit s'y intégrer ou s'y harmoniser ou si, au contraire, il peut avoir une existence complètement indépendante. De même, si le site est mis en ligne sur le serveur de l'école ou de la commission scolaire, il faut s'assurer de la collaboration du responsable du serveur ou du technicien concerné.

Ensuite, compte tenu des contraintes technologiques liées à ce type de production, l'enseignant devra avoir une bonne longueur d'avance sur ses élèves!

Cela commence par une bonne expérience de la navigation sur Internet. L'enseignant devra connaître, comme usager d'abord, les possibilités et les limites de ce médium et il devra avoir visité un bon nombre de sites, tant professionnels que scolaires, pour se familiariser avec la logique particulière d'un site Web : page d'accueil, outils de navigation, sommaires, carte du site, intégration des graphiques ou des animations, usage des hyperliens, etc. Dans la section Ressources du présent guide, nous vous proposons quelques sites exemplaires, ainsi que des liens vers des conseils utiles.

Il devra ensuite pouvoir disposer, pour lui et pour son groupe, d'un accès Internet. Indépendamment de la nécessité de mettre en ligne le site (il en sera question plus bas), cet accès sera indispensable pour que les élèves puissent visiter et analyser différents sites et se familiariser avec la " grammaire " visuelle d'un site Web. De plus, la plupart des ressources visuelles du site (icônes, boutons, barres séparatrices, enjolivures graphiques, animations, graphiques) proviendront de sites de ressources logeant sur le Web. Notre section Ressources vous en indique quelques-uns.

Il lui faut ensuite pouvoir disposer d'un éditeur HTML et le maîtriser véritablement. Le langage HTML est en effet le langage de base utilisé sur Internet pour concevoir et afficher des pages Web. Même si les spécialistes ne jurent que par la programmation directement en code HTML (auquel cas un simple traitement de texte suffit pour écrire le code), cela nous semble d'une technicité inutile pour un profane (et carrément hors de la portée des élèves du primaire). Il existe des éditeurs HTML graphiques qui ne demandent pas plus de connaissances technologiques qu'un simple éditeur graphique ou qu'un traitement de texte perfectionné, et qui donnent d'excellents résultats. Ils sont beaucoup plus agréables à utiliser et permettent d'avoir toujours sous les yeux le résultat final. Ils sont, comme on dit en jargon, WYSIWYG (" What You See Is What You Get "). Des logiciels tels que Front Page, PageMill ou Claris Home Page entrent dans cette catégorie.

Il faut enfin disposer de l'accès à un serveur (qui rendra le site Web accessible à l'ensemble de la planète en le logeant à une adresse Web précise). En général, ce n'est pas un gros problème : ce sera généralement le serveur de l'école ou de la commission scolaire. Sinon, plusieurs entreprises offrent d'héberger gratuitement les pages Web de particuliers (et, à cet égard, une classe d'élèves est assimilable à des particuliers pour ce type d'entreprises, puisqu'il n'y a pas d'activités commerciales sur un site Web scolaire). Vous trouverez l'adresse de quelques-unes de ces entreprises dans la section Ressources, au cas où votre commission scolaire ou cotre école ne pourrait pas héberger le site Web de vos élèves.
Finalement, il vous faudra pouvoir accéder de façon logicielle au serveur pour y charger votre site ou le modifier. Ces téléchargements s'effectueront habituellement selon le protocole ftp et des logiciels habituellement gratuits tels que Fetch, Anarchie ou Transmit sont très faciles d'utilisation. Le technicien responsable du serveur qui hébergera votre site pourra vous fournir tous les renseignements nécessaires sur cette opération très simple.

Ainsi équipé, tant sur le plan des compétences que sur le plan technique, tout enseignant devrait pouvoir facilement accompagner son groupe d'élèves dans l'élaboration d'un site Web scolaire. Nous attirons votre attention sur une ressource de DISCAS accessible à toutes les écoles abonnées à notre site La boîte à outils (et donc, d'office, à toutes les écoles de la commission scolaire de la Capitale) : la série de didacticiels Recherché sur Internet, destinée directement aux élèves. Ces didacticiels en ligne sont autant d'activités d'apprentissage structurées permettant, entre autres, de se familiariser avec les concepts essentiels de la navigation sur Internet : page d'accueil, structure arborescente d'un site, composantes essentielles, types de sites, etc. Non seulement s'agira-t-il d'un outil précieux pour initier les élèves mais l'enseignant lui-même y trouvera souvent une clarification formelle des concepts de navigation Web qu'il ne maîtrise parfois qu'intuitivement.

Il est possible, bien sûr, de pousser beaucoup plus loin la sophistication technologique. L'enseignant qui dispose d'un intérêt marqué pour les technologies ainsi qu'une bonne expérience de programmation pourra envisager de produire, avec ses élèves, un véritable site multimédia de qualité quasi-professionnelle, avec intégration de sons ou de séquences vidéo dans les pages, par exemple. De même, la connaissance de langages de programmation comme Javascript (relativement simple à maîtriser) ou Java (nettement plus spécialisé) permettra de donner au site des fonctionnalités supplémentaires, particulièrement au chapitre de l'interactivité.

Toutefois, sans décourager l'enseignant qui serait prêt à s'engager à ce niveau de sophistication ou qui en aurait déjà la compétence, nous ne le recommandons pas au primaire. Cette compétence est difficilement transférable à des élèves aussi jeunes, avec le résultat que c'est l'enseignant qui devra prendre seul en charge l'essentiel de la conception technique du site : ce n'est pas, selon nous, ce que doit viser un projet d'élèves.

Un dernier mot sur la portée et les limites du présent guide. Tout comme les autres guides de la collection, il vise à fournir à l'enseignant une vue d'ensemble (et essentiellement pédagogique) de la réalisation d'un tel projet avec ses élèves, ainsi qu'à lui proposer les principales d'une démarche générale de réalisation.

Il ne faut pas en attendre une initiation technique à Internet ou à l'usage de tel ou tel logiciel, pas plus que des réponses à des questions techniques ponctuelles (du type " Comment faire apparaître, dans une page Web, un espace où les usagers peuvent écrire? ", par exemple). Une maîtrise suffisante de l'éditeur HTML devrait répondre à la plupart de ces questions; de plus, Internet fourmille de telles ressources techniques (nous vous en indiquerons quelques-unes) et il est inutile de faire double emploi avec ce guide.

Par contre, les considérations technologiques (qui ont, nous en convenons, toute leur importance dans un projet de cette nature) ne doivent jamais faire perdre de vue qu'il s'agit d'un projet pédagogique destiné à susciter des apprentissages et à développer des compétences chez l'élève. Le produit final, aussi sophistiqué soit-il, ne demeure qu'un prétexte à apprendre et ne doit donc pas constituer une fin en soi. Nous espérons que ce guide permettra à l'enseignant à ne jamais perdre de vue cette préoccupation essentielle.

Qu'est-ce qu'un site Web scolaire?

Il ne suffit pas qu’une page Web provenant de votre classe soit accessible sur Internet pour que l’on puisse parler d’un authentique site Web scolaire. Un site Web ne se définit pas seulement par son médium, (Internet), mais aussi par son contenu et surtout par son organisation. Aux fins du présent projet, nous vous proposons les caractéristiques suivantes :

1- UN ENSEMBLE DE FICHIERS ORGANISÉS

Les " briques " du site, ce sont des fichiers. Chaque page-écran qui sera visitée au moyen d’un fureteur tel que Netscape ou Explorer est, en fait un document distinct et, plus précisément, un fichier HTML. Les éléments audiovisuels (images, sons, vidéos) sont eux aussi des fichiers (un fichier par élément) de type .gif ou .jpg pour les images, de type .wav pour les sons et de type .mpg ou .mov pour les séquences vidéo.

Ces fichiers sont interreliés soit par intégration (quand on colle une image dans une page, par exemple), soit par hyperliens (quand on clique sur un mot, on est transporté vers un autre fichier).

Un site Web le moindrement substantiel va rapidement contenir des centaines de fichiers. Pour s’y retrouver, pas question de les empiler indistinctement dans le même dossier ou répertoire. Il faut les organiser logiquement en sous-répertoires, selon une structure hiérarchique ou, pour parler techniquement, en arborescence, qui est, tout simplement, la façon dont sont classés vos divers documents sur le disque dur de votre ordinateur.

Un site Web typique comportera une page d’accueil, un répertoire contenant tous les fichiers graphiques du site, et une série de répertoires correspondant aux principales sections du site. Chaque répertoire contient, à son tour, des sous-répertoires, et ainsi de suite.

Il est essentiel de concevoir l’arborescence du site au point de départ et de la modifier le moins possible ensuite. En effet, si on déplace ensuite un fichier d’un répertoire à l’autre, tous les liens qui conduisaient à ce fichier devront être modifiés à la main pour demeurer fonctionnels. Dans un site tant soi peu volumineux,cela devient une entreprise surhumaine et les risques d’oublis ou d’erreurs sont nombreux.

2- AISÉMENT NAVIGABLE

Il ne suffit pas que les nombreux liens d’un site soit techniquement fonctionnels. Le visiteur doit pouvoir s’y retrouver facilement. Il faut donc, dès la page d’accueil, lui fournir des outils qui lui donnent une idée rapide de ce qui s’y trouve (sommaire, table des matières, plan ou carte du site) mais aussi lui permettent de circuler facilement dans les différentes sections (menus, bandeaux de navigation, boutons de retour, etc.).

Ensuite, un site Web n’obéit pas à une logique séquentielle et linéaire comme le déroulement d’un livre; il fonctionne selon une logique hypertextuelle. On peut, bien sûr, par un contrôle serré des hyperliens, contraindre le lecteur à suivre un parcours précis dont il ne peut pas dévier : ce type d’organisation convient bien à une présentation de type diaporama, par exemple; mais on explite alors bien peu la souplesse et la richesse du médium. L’immense majorité des sites présentent donc de nombreux liens entrecroisés, en réseau, comme une toile d’araignée (le nom Web vient précisément de là!), qui permettent à chaque visiteur de définir son propre parcours. Le défi consiste alors à s’assurer qu’il est toujours bien informé des choix qui s’offrent à lui, que jamais il ne se retrouvera dans un cul-de-sac et qu’il ne passera pas à côté d’informations importantes.

3- COHÉRENT

Tout en laissant toute la place souhaitable à la diversité individuelle des moyens d’expression des élèves, le site ne doit pas être un fourre-tout hétéroclite comme si chaque élève faisait son propre site Web personnel. Le graphisme d’ensemble et les techniques de navigation, sans être uniformes, doivent être unifiés. Pour ne prendre qu’un exemple, le bouton pour revenir à la page d’accueil doit être le même sur chaque page du site. De même, les éléments graphiques (couleurs ou images de fond, barres séparatrices, icônes, boutons, etc.) doivent être esthétiquement compatibles. Une règle très simple en ce domaine : d’un seul coup d’œil à n’importe quelle page du site, on doit pouvoir savoir, au moyen d’indices visuels, si on est toujours sur le site ou si on est rendu sur un autre site.

4- DESTINÉ À UN PUBLIC

Tout projet de communication (et le site Web en est un) doit avoir un destinataire. Bien sûr, n’importe qui sur la planète peut avoir accès au site Web de votre classe et le " public " d’un site Web est, dans les faits, parfaitement anonyme! Mais, pour garder une cohérence dans l’information et pour choisir le type d’informations retenues et le style dans lequel on va les présenter, il est néanmoins essentiel d’avoir en tête une catégorie de destinataires pour lesquels on écrit; la plupart du temps, ces destinataires seront d’autres élèves francophones du même âge. Rien n’empêche, par ailleurs, d’avoir, à l’intérieur d’un site scolaire, une section réservée aux parents (comme destinataires ou même comme contributeurs) ou encore " le coin de l’enseignant ".

Par contre, à moins de protéger certaines pages par un mot de passe (technique à éviter le plus possible dans un site qui se veut public), il faut demeurer conscient que tout ce qui se trouve sur le site peut être lu par n’importe qui. Les allusions internes, les blagues de mauvais goût, les fautes de français, les propos répréhensibles, bref, tout ce qui peut avoir un effet négatif sur l’image de la classe ou de l’école a aussitôt un impact… planétaire! D’où la nécessité d’un contrôle serré de la diffusion.

5- RÉGULIÈREMENT MIS À JOUR

Un site Web est un produit dynamique, qui évolue avec le temps et la progression des apprentissages des élèves. Une fois élaboré et mis en ligne, le site n’est pas terminé, contrairement à un album des finissants, par exemple. Il faut le tenir à jour : ajouter de nouvelles pages ou de nouvelles sections pour l’enrichir, retirer les informations périmées, corriger les liens externes devenus défectueux, introduire des éléments commandés par l’actualité, refléter le déroulement saisonnier de l’année scolaire, etc.

Parce qu’il est facile et rapide de modifier un fichier sur un serveur, un site Web n’a pas de périodicité fixe comme un journal ou un magazine. On peut le mettre à jour au besoin (plusieurs fois par jour si nécessaire, bien qu’il s’agisse d’un cas extrême!) ou selon un calendrier fixe (que l’enseignant devra alors déterminer avec son groupe).

Finalement, contrairement à un journal, le contenu du site n’est pas entièrement renouvelé à la faveur d’une mise à jour. Certaines pages peuvent demeurer inchangées pendant des mois parce qu’elles présentent un intérêt permanent; d’autres, au contraire (des annonces d’événements ou des résultats sportifs, par exemple) doivent être retirées dès qu’elles ne sont plus d’actualité. Un site Web scolaire a donc une durée. Cette durée correspond généralement à l’année scolaire. Mais il peut avoir aussi une durée plus longue. Si le site est associé à une école ou à une classe (et non pas aux élèves particuliers qui la composent à tel ou tel moment), le site peut bénéficier, au fil des années, des contributions successives des élèves chaque année. Le site peut aussi être associé à un groupe d’élèves particuliers et les " suivre ", par exemple, tout au long de leur cours primaire ou tout au moins, pendant la durée d’un cycle — ce qui serait tout à fait dans l’esprit de la réforme du régime pédagogique. Autant de décisions que l’enseignant aura à prendre dès la mise sur pied de son projet.

Les grandes décisions

1- L’INTENTION DE COMMUNICATION

Pourquoi faire un site Web scolaire? Pas seulement pour être à la mode et s’afficher comme tout le monde sur Internet, n’est-ce pas?

Excluons d’abord les sites officiels d’écoles, qui ont généralement comme but de faire connaître l’école, son projet éducatif et ses services et dont la responsabilité relève habituellement de la direction ou d’un représentant dûment mandaté par elle. Ces sites peuvent aussi comporter des contributions d’élèves mais ils n’entrent pas dans le cadre de projets de communication qu’un enseignant peut piloter seul avec son groupe d’élèves.

Les autres sites scolaires ont, essentiellement, deux grandes intentions :

·         faire connaître le groupe ou les élèves qui le composent : chaque élève aura alors sa fiche personnelle et le site comportera une partie collective destinée à publiciser les caractéristiques du groupe, ses activités et ses réalisations;

·         faire partager des intérêts : c’est le but de sections thématiques du site, qu’il s’agisse de travaux de recherche, de productions littéraires ou de " topos " sur l’actualité des jeumes.

Les deux intentions peuvent d’ailleurs être combinées et, au fur et à mesure de la croissance du site, s’actualiser sous forme de projets ponctuels.

2- LA DYNAMIQUE DU SITE

Quelle est la durée de vie de ce site? S’agit-il d’un projet unique (on monte ensemble un site Web et, une fois mis en ligne, on passe à autre chose)? Envisage-t-on de lui donner une périodicité fixe, un peu comme un journal scolaire (une édition nouvelle à chaque étape de l’année scolaire, par exemple)? Veut-on le considérer comme un moyen de diffusion ou d’exposition commode et souple, sans contrainte particulière de mise à jour, et où on met en ligne du nouveau matériel quand on en a produit dans le cadre de tel ou tel autre projet scolaire?

Qu’arrivera-t-il du site à la fin de l’année scolaire? Fermera-t-il ses portes et sera-t-il tout simplement retiré du serveur? Va-t-on archiver en ligne les réalisations de l’année et faire place à celles de la cohorte suivante? Ou va-t-il acquérir une forme de vie en soi, évoluant à mesure que des cohortes successives d’élèves l’enrichiront ou l’actualiseront?

Toutes ces formules sont intéressantes et présentent chacune leurs avantages et leurs inconvénients. Mais le choix de la dynamique du site est capital, car il conditionne sa structure, l’organisation du travail, la fréquence de ses mises à jour, les critères de sélection du contenu et la quantité de temps et de travail que le groupe va y consacrer dans une année.

3- L’ARCHITECTURE DU SITE

Au-delà des pages techniques (page d’accueil, sommaire ou table des matières, page de crédits, dossier d’images), quelles vont être les principales sections du site?

Première décision : chaque élève aura-t-il sa page à lui (généralement une fiche de présentation personnelle)? Aura-t-il sa propre section personnelle (qui pourrait devenir un genre de portfolio de ses réalisations)? Si oui, il faut donc créer un dossier " Élèves " (ou plus exactement " Eleves ", vous savez maintenant pourquoi). Encore mieux serait " Eleves2000-2001 ", ce qui permettra de différencier les cohortes d’élèves d’année en année. Si chaque élève a sa page et est limité à une page pour sa contribution personnelle, il suffira de créer, par exemple 25 fichiers HTML au nom de chacun (par exemple " StephanieB.html " et de les loger dans ce dossier. Si chaque élève se voit attribuer une section personnelle, il faudra plutôt créer 25 dossiers au nom de chacun. Dans chaque dossier logeront les fichiers HTML personnels de l’élève. Dans ce dernier cas, il est essentiel que chaque dossier personnel ait sa propre page d’entrée et que ces fichiers soient tous nommés (selon les exigences du serveur, " index.html " ou " default.htm "). Ainsi, le gestionnaire du site (l’enseignant, dans presque tous les cas) pourra aisément contrôler les liens entre la table des matières générale et les dossiers de chaque élève.

Seconde décision (peu importe que l’on ait répondu oui ou non à la première question) : quelles seront les grandes sections du site, qui vont contenir les réalisations non personnelles des élèves (qu’il s’agisse de réalisations collectives ou individuelles ne les rend pas personnelles pour autant; on appelle " personnelles " les seules réalisations décrites au paragraphe précédent, c’est-à-dire celles que l’élève gère lui-même, sans devoir tenir compte d’une thématique d’ensemble).

Il faut aller plus loin qu’un gros dossier fourre-tout intitulé " projets " ou " réalisations ". Si le site est résolument scolaire, on peut répartir le contenu à venir dans des dossiers qui correspondront aux différents domaine du savoir (sciences humaines, sciences, arts, etc.); on peut même envisager d’utiliser la classification Dewey que les élèves connaissent déjà par leur bibliothèque scolaire. Si l’on a déjà identifié quelques thématiques générales qui donneront sûrement lieu à des productions d’élèves, on peut, par exemple, créer des dossiers tels que " PaysDuMonde ", " Animaux " , " Poésie " , " Jeux " , "Acteurs " et ainsi de suite.

L’important est de limiter le nombre de sections à ce qui est affichable dans une page d’accueil ou un bandeau de navigation, c’est-à-dire une dizaine de sections au maximum. Chaque section pourra ensuite être subdivisée. Essayez de donner des titres parlants à vos sections : le visiteur sera peu attiré par une section nommée " Octobre 1999 ", même si elle contient des travaux merveilleux!

Pensez également à l’évolution future du site. Une section ou une sous-section peut, au départ, ne contenir qu’un seul fichier ou même être vide (" en construction ", selon le vocable courant). Vous l’enrichirez le temps venu; mais l’architecture du site demeurera stable.

4- LE RÔLE DE L’ENSEIGNANT

Avant même de décider de la répartition des tâches et des responsabilités entre les élèves, l’enseignant doit d’abord établir celles qu’il se réserve à lui-même et le faire savoir dès le départ au groupe. Une de celles-ci nous semble incontournable : la mise en ligne du site et de ses mises à jour. En effet, la visibilité théoriquement universelle d’un site Web lui donne un caractère public et seul l’enseignant peut en prendre la responsabilité. Il faut donc qu’il soit clair que tous les fichiers mis en ligne devront avoir été lus et approuvés personnellement par l’enseignant et que lui seul a accès au serveur pour leur mise en ligne.

Selon l’âge des élèves, leur habileté technologique et le temps que l’on peut consacrer au projet, on visera à leur laisser le plus possible aux élèves la responsabilité de la rédaction, de la conception et du formatage des fichiers du site; en effet, un éditeur HTML à interface graphique n’est pas plus difficile à utiliser qu’un traitement de texte ou un éditeur graphique.

Par contre, à notre avis, l’enseignant devrait assumer lui-même la liaison des divers fichiers du site, et donc établir les liens permettant de naviguer entre ces fichiers. Les pages strictement techniques, comme les bandeaux de navigation, la table des matières ou la carte de site, devraient relever de sa seule responsabilité. Il lui appartiendra de même de vérifier la cohérence et la validité de tous les liens du site : des logiciels permettent de détecter aisément tous les liens défectueux. S’il choisit d’associer des élèves à cette tâche, il devra les superviser de façon très étroite.

5- L’ORGANISATION DES TÂCHES

La réalisation d’un tel projet exige un équilibre entre des phases de travail collectif (choix des sujets, brainstorming de contenu, décisions collectives sur le titre, la page d’accueil, etc.) et des phases de travail personnel ou en équipes.

Nous suggérons de prévoir une section du site où chaque élève aura sa page (ou sa section) personnelle. Contrairement à d’autres médias plus "matériels" comme le journal ou l’exposition, il n’existe pas de contrainte d’espace sur le Web. On s’assure ainsi que chacun a l’occasion de réaliser personnellement tous les apprentissages nécessaires à la création d’une page Web. On pourra alors plus facilement, pour les autres sections du site, penser à créer des équipes de travail différentes et permettre une spécialisation des tâches, comme dans une équipe de production d’un journal ou dans la réalisation d’un spectacle.

Pour ces sections, on peut envisager deux approches et même les combiner :

·         l’approche intégralement coopérative : elle repose sur une répartition et une coordination précise des tâches entre les différentes équipes. Qui rédige les textes? Qui prend en charge la révision des textes? Qui s’occupe des images ou des sons? Qui effectue la mise en page HTML? Etc.etc. Cette approche a l’inconvénient de cantonner chaque équipe d’élèves à certains apprentissages liés à leur rôle dans l’équipe de production. Mais comme chaque élève a déjà la responsabilité complète de sa page personnelle, cet inconvénient a moins d’impact. Si l’on prévoit en outre des mises à jour périodiques du site, une rotation des tâches (à chaque étape de l’année scolaire, par exemple) est à recommander pour la même raison.

·         l’approche coopérative-compétitive : il peut être plus dynamique et plus responsabilisant, pour certaines contributions tout au moins, de faire des concours ou de mettre des équipes en compétition, par le biais de "soumissions ", par exemple : chacun propose un titre pour le site et le groupe choisit le meilleur; ou encore, deux élèves différents (ou deux équipes différentes) préparent chacun un projet de bandeau de navigation et le groupe choisit celui qui sera retenu. Cette approche a l’avantage de forcer une évaluation plus critique des produits par les pairs et de permettre ainsi des exigences de qualité accrues.

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